Chronique de Richard LemelinVoitures électriques

Les cibles de véhicules électriques au Québec doivent être actualisées

Dans ma récente chronique intitulée “La loi Zéro Émission doit être actualisée“, j’ai mis en lumière l’inadéquation de la progression des pourcentages de crédits VZE requis dans cette loi avec les taux de progression des ventes de véhicules électriques au Québec. La loi fait dans la linéarité alors que la réalité est du domaine exponentiel.

Il s’avère que les cibles gouvernementales en termes de nombre de véhicules électrique au Québec doivent êtres actualisées également. En effet, plusieurs cibles ont été définies dans divers programmes , notamment le Plan d’Action en Électrification des Transports (PAET 2015) et la Politique Énergétique 2030 du Québec. Dans ce dernier programme, on y mentionne 3 cibles, soit :

  • 100 000 véhicules électriques en 2020 (PAET)
  • 300 000 véhicules électriques en 2026 (PAET)
  • 1 million de véhicules électriques en 2030 (Politique Énergétique 2030)

Analyse
Avec les statistiques de 2019 publiées, il semble bien que la cible de 100 000 véhicules électriques sera atteinte pour la fin de cette année (2020).

La prochaine cible est très intrigante; il faut tripler le parc de véhicules électriques sur 7 années (2020-2026).

Finalement, il faut atteindre le million de véhicules électriques (donc tripler encore) mais cette fois, sur 4 années uniquement.

Voici un tableau illustrant les données du nombre de véhicules électriques, les ventes annuelles et les taux de croissance, par année :

Données réelles (bleu), cibles (vert lime), projections (vert).
Données fournies par M. André Bastien

Pour atteindre la première cible de 100 000 véhicules électriques, il faut que les ventes de nouveaux véhicules électriques en 2020 atteignent 33 500 unités, ce qui représente une progression d’uniquement 22% du niveau des ventes de 2019. C’est donc facilement réalisable.

Ensuite, pour atteindre la cible de 300 000 véhicules électriques en 2026, il suffit de maintenir le niveau des ventes au même niveau que 2020, soit 33 056 véhicules par année, soit une progression annuelle de 0% et ce, sur 7 ans. Totalement ridicule compte tenu de la réalité actuelle du marché, même avec les problèmes d’offres actuels.

Pour finir, la Politique Énergétique 2030 présente une nouvelle cible, alignée avec l’année contenue dans son titre, cette fois plus réaliste : 1 million de véhicules électriques. En posant l’hypothèse que le parc de véhicules électriques est à 300 000 en 2026, il faut atteindre subitement une progression annuelle des ventes de l’ordre de 79% pour les 4 prochaines années pour arriver à la cible finale.

Si l’on transpose ces données sur des graphiques, ça donne ce qui suit :

Évolution du nombre de VÉ au Québec pour l’atteinte des cibles 2020, 2026 et 2030
Évolution des ventes annuelles de VÉ au Québec pour l’atteinte des cibles 2020, 2026 et 2030

Déjà, en 2016, j’ai publié un article abordant ces cibles. Il s’agissait d’une analyse comparée avec le marché de l’Ontario, qui offrait de généreux incitatifs, de l’ordre de $10 000 à $14 000. La cible intermédiaire de 2026 apparaissait déjà comme une anomalie.

Si le gouvernement actualise la loi VZE en rehaussant de façon significative les exigences en crédits VZE pour les constructeurs, je crois fermement que la cible de 1 million de véhicules électriques peut être devancée de 4 années, donc atteinte en 2026 plutôt qu’en 2030.

Si par contre, le gouvernement opte pour le statu quo, et si les constructeurs limitent l’offre au minimum prévu par la loi, alors la cible “anormale” de 2026 sera vraisemblablement proche de la réalité.

Le projet de loi n°44 peut modifier la loi VZE. La balle est dans le camp du ministre de l’environnement et des membres de la commission des transports et de l’environnement.

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