Je roule en électrique depuis déjà neuf ans. Pour moi, tout a débuté en 2017, l’année où j’ai décidé de prendre ma retraite et de finir mes jours à Val-David.
Cet été-là, suite à un accident avec ma voiture secondaire déclarée perte totale par les assurances, je reçois un chèque de 15 000 $. Quoi m’acheter dans l’occasion pour remplacer ma Nissan ?
À l’époque, ma voiture principale était une Toyota Matrix. Or, comme j’avais pris ma retraite, ma femme et moi n’avions plus autant besoin de deux voitures. Je pouvais donc me permettre un véhicule plus original, comme une MINI d’occasion ou une petite décapotable.
Je me mets donc à regarder les petites annonces sur Internet et c’est finalement un peu par hasard que je tombe sur des Spark électriques californiennes âgées de trois ans et vendues chez certains concessionnaires Chevrolet pour 15 000 $. Je me déplace pour en essayer une : coup de foudre !
Rien ne me prédestinait à la voiture électrique. Depuis ma tendre enfance, j’avais toujours été un fan de voitures et de motos à essence.
Faut dire que j’avais essayé une Chevrolet Volt quelques mois avant et cela m’avait beaucoup impressionné…
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Bien entendu, en achetant cette voiture originale construite pour respecter les lois californiennes de l’époque, j’étais prêt à vivre certains désagréments, comme visiter plus souvent le concessionnaire, ne pas pouvoir aller trop loin ou rester à la maison les jours de grands froids. Du moins, c’est ce que je pensais en 2017 !
J’étais prêt à vivre tout cela en me disant qu’en revanche, j’allais posséder une voiture avant-gardiste, une voiture ne produisant ni fumée, ni bruit, ni pollution.
Ceux qui ont suivi mon blogue connaissent la suite : durant les mois et les années qui ont suivi, j’ai découvert une voiture fiable, amusante à conduire, capable d’affronter tous les climats, capable même d’accomplir de longues distances grâce aux bornes rapides du Circuit Électrique, sans parler des économies de 200 $ par mois en essence ! Quoi demander de plus ? Cette petite Spark était le secret le mieux gardé de 2017. Je n’en revenais juste pas…
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Puis, sont arrivés les modèles de deuxième génération avec davantage d’autonomie. Je pense ici à la Bolt EV, à la Tesla Model 3 ou au Kona électrique. Tout cela était fort excitant et ces bonnes nouvelles alimentaient sans cesse mon blogue sur roulezelectrique.com. C’était plus fort que moi, il fallait que je fasse savoir à tous à quel point la voiture électrique était désormais accessible.

Je me disais : si je réussis à aller partout avec ma Spark qui n’a que 120 km d’autonomie, tout le monde peut trouver son petit bonheur avec une voiture en possédant le double en hiver et même plus ! Et, comme de fait, dans les années qui ont suivi, les ventes ont explosé. On est passé de 1 % des ventes en 2017 à 7 % en 2020.
Cette année-là, j’étais persuadé que rapidement plus personne ne voudrait rouler dans une voiture à essence. Je me disais : qui aime payer pour l’essence ? Personne ! Qui aime polluer ? Personne ! Qui aime voir le climat se dérégler ? Personne !
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Sauf qu’aujourd’hui, force est d’admettre que je me suis royalement trompé. Fin 2024, il y a eu un impressionnant ralentissement des ventes de voitures électriques tant au Canada qu’aux États-Unis. On dit qu’après la vague des « early adopter », le public a manifesté une grande frilosité. Fini les prévisions de 50 % de VÉ à la fin de la décennie. Les constructeurs en sol américain ont tous réajusté leurs objectifs à la baisse.
Où en sommes-nous aujourd’hui ? Regardez le pourcentage de ventes des voitures 100 % électriques pour les six premiers mois de l’année 2026 au Canada et aux États-Unis. Pour des pays riches et modernes, membres du G7, avouez qu’on fait dur en maudit. On fait partie des pires !

Comment expliquer une telle situation ? Le retrait ou la réduction des subventions n’explique pas tout, selon moi, car bien des constructeurs ont ajusté leurs prix en conséquence. Un manque d’information ? N’allez pas me faire croire qu’on n’est pas sensibilisé aux dangers des hydrocarbures, voyons donc ! Ça fait 50 ans qu’on en parle !

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Ne nous racontons pas d’histoire, on sait tous que notre mode de vie met l’écosystème en danger et on sait tous quoi faire pour réduire notre impact sur l’environnement, comme diminuer notre consommation ou rouler dans des voitures électriques plutôt qu’à l’essence.
Voilà donc pourquoi j’étais si heureux quand j’ai commencé à rouler en électrique en 2017. Fini la pollution, finis les GES. Mais aujourd’hui, je regarde les statistiques et je me désole de voir si peu de gens passer à l’électrique.
Attention toutefois, je ne parle pas du Québec, qui dépasse les 16 % et qui approche la moyenne mondiale. Je parle du reste du Canada et tout particulièrement des États-Unis, qui se situent à 6 % dans le tout électrique et à 7,4 % si on inclut les PHEV.
Vous savez, j’aimerais bien que Trump cesse d’être pro-pétrole, mais, à voir les statistiques de ventes des voitures électriques aux États-Unis, force est d’admettre que ce dernier répond aux souhaits de la population. Heureusement qu’on fait bande à part !
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Aujourd’hui, septembre 2026, j’écris toujours mes chroniques sur roulezelectrique.com (même si c’est moins régulier qu’avant) et bien entendu ma femme et moi roulons toujours en électriques, soit dans une Bolt et une 500 à batterie.
La transition est plus lente que prévu, c’est clair. Mais ne vous inquiétez pas, je vous jure qu’elle va se faire. Oui, oui ! Le bon sens va reprendre ses droits un jour aux États-Unis, c’est sûr et certain !
Quant à ma vieille Spark EV 2014, c’est mon plus jeune fils qui la conduit maintenant (il vit à Montréal) et je la revois chaque fois qu’il vient me voir à Val-David. La preuve que les voitures électriques durent longtemps !









