Véhicules Électriques

Est-ce vrai que, pour l’environnement, le mieux est de conserver sa vieille voiture à essence ?

Je ne sais pas si c’est parce que j’écris pour Roulez Électrique, mais souvent, quand je rencontre des gens roulant encore à l’essence, on me dit : « vous savez, M. Jasmin, je n’ai pas encore de voiture électrique, mais comme le mieux pour l’environnement est de ne pas construire de nouvelles voitures, j’ai décidé de faire durer la mienne. »

Et là, on me regarde, on attend ma réaction. Je sens qu’on veut que je dise : « Bien sûr ! Vous avez raison ! ». Et c’est d’ailleurs ce que je fais la plupart du temps. Pour être gentil. Cependant, pour tout vous dire, je ne suis pas tout à fait convaincu que cet argument soit pertinent. Voici pourquoi.

Si on vivait dans un monde où, dès qu’une personne se débarrasserait d’une voiture, cette dernière irait tout droit à la ferraille, c’est sûr que l’idée d’user son véhicule jusqu’à la fin serait justifiée.

Mais ce n’est pas le cas ! Dans notre monde, quand quelqu’un se départit d’une voiture encore bonne, elle passe entre les mains de quelqu’un d’autre, généralement d’une personne possédant un revenu moindre.

Au Québec, la durée de vie d’une voiture est d’environ 15 ans et aucune ne se retrouve à la casse avant terme. Tant qu’une voiture possède une certaine valeur et qu’elle roule bien, il y a toujours quelqu’un pour l’acheter. Il n’y a donc aucun mal à ce que des gens changent de voitures après un certain nombre d’années dans la mesure où ces dernières sont vendues à d’autres personnes qui, elles, les feront durer jusqu’au bout. 

Vieilles voitures à essence.

Pour savoir si une action est bonne ou pas, il faut toujours se demander : « Si tout le monde faisait comme moi, quel serait le résultat ? » Or, qu’est-ce qui arriverait si tous les gens possédant des voitures à essence décidaient de ne pas passer à l’électrique, mais plutôt de les conserver jusqu’à la fin de leur vie utile ?

Eh bien, ça irait mal ! Car il y aurait de moins en moins de voitures à essence d’occasion sur le marché, ce qui obligerait les gens moins riches à acheter des voitures neuves et, bien entendu, à acheter les moins chers. Et comme les modèles les moins chers sont des voitures à essence, eh bien ça n’aiderait en rien l’environnement !

Actuellement, ce sont les gens avec de bons revenus qui ont les moyens de s’acheter des voitures électriques neuves et ils doivent le faire ! S’ils ne le font pas, ils entraîneront une production accrue de voitures à essence.

Oui, bien sûr, il faut construire le moins de voitures possible, mais ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est d’encourager la construction de nouvelles voitures à essence qui émettront cinq fois plus de CO2 durant leur cycle de vie qu’un véhicule électrique*.

Donc, affirmer que le mieux pour l’environnement est de conserver sa voiture à essence jusqu’à la fin n’est pas nécessairement vrai. En tous cas, moi je pense que lorsqu’on a les moyens de le faire, il est préférable de passer à l’électrique.

Un modèle parmi d’autres…

J’aimerais terminer cette chronique en vous racontant un truc amusant. J’ai remarqué que ce sont toujours les gens qui me ressemblent le plus qui me lancent cette histoire qu’ils roulent à essence pour empêcher la fabrication d’automobiles neuves. Les types plus conservateurs ne se gênent jamais pour me dire qu’ils n’ont pas confiance aux électriques et qu’ils ont l’intention de continuer à l’essence. C’est drôle, non ?

Je crois que les gens qui me ressemblent ont comme un peu honte de posséder une voiture à essence. Ce qui expliquerait leur empressement à venir se justifier auprès de moi. Écoutez, familles, amis et connaissances, arrêtez-moi ça ! Vous pouvez prendre le temps qu’il faut pour passer à l’électrique. L’apocalypse n’est pas pour demain ! Et puis, si tout le monde passait à l’électrique demain matin, ça serait le bordel ! Moi, avec mes chroniques, je cherche simplement à faire accélérer le mouvement, mais loin de moi l’idée de juger ceux qui ne sont pas encore prêts et qui souhaitent continuer à l’essence encore un bout.

Une dernière chose toutefois : si vous devez changer de voitures en 2026 et que vous n’êtes pas encore prêt pour la voiture électrique (neuve ou d’occasion), oubliez la voiture à essence neuve. La raison est simple : acheter une thermique neuve en 2026 encourage les constructeurs à en fabriquer d’autres et chaque nouvelle voiture thermique polluera et émettra du CO2 jusqu’en 2041.

Savez-vous qu’il y a énormément de voitures à essence de trois ou quatre ans à vendre ? C’est que la location est très populaire au Québec. Sans cesse, des centaines de thermiques reviennent d’un contrat de location. En voici un bel exemple à 22 570 $ :

Capture d’écran : Honda CR-V de 4 ans avec 112 000 km pour 22 570 $.

Je vous dis ça, car vous n’êtes peut-être pas prêt pour l’électrique en ce moment, mais vous allez peut-être l’être dans deux ou trois ans, non ?

Acheter une voiture à essence neuve aujourd’hui va retarder votre passage à la voiture électrique, c’est sûr !

Alors voilà, ami lecteur, prenez le temps qu’il faut pour passer à l’électrique, mais évitez si possible l’achat d’une voiture à essence neuve.

Et sur ce, bon dimanche !

* Cinq fois plus de CO2, c’est pour le Québec. Au Canada, c’est plutôt entre trois et quatre fois.

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