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Thermopompe en panne par -20°C : une 4e action collective contre Tesla au Québec, et cette fois ça pourrait coûter 500 millions

Le 13 mai 2026, une demande d’action collective a été déposée à la Cour supérieure du Québec contre Tesla. Ce n’est pas la première, ni la deuxième, ni même la troisième. C’est la quatrième. Et celle-ci touche à quelque chose que tout propriétaire québécois de véhicule électrique comprend instinctivement : rester sans chauffage en plein hiver, dans un véhicule qui coûte 50 000 dollars et plus.

Ce qui s’est passé

La plaignante représentative, une résidente de Laval, a vécu le scénario deux fois. En janvier 2022, sa Tesla Model 3 n’avait qu’un an et 43 190 kilomètres au compteur quand sa thermopompe a rendu l’âme. Aucun chauffage, température extérieure sous zéro. Tesla Laval a procédé au remplacement complet, couvert par la garantie. Fin de l’histoire, en apparence.

En janvier 2026, la deuxième thermopompe installée quatre ans plus tôt a commencé à dégager de la fumée et une odeur chimique pendant le préchauffage de l’habitacle. Diagnostic : du liquide frigorigène s’échappait du compresseur, la conduite de climatisation était parsemée de débris. Il fallait une nouvelle thermopompe. Cette fois, la garantie de quatre ans et 80 000 kilomètres était expirée : le véhicule affichait 158 220 kilomètres. Tesla a refusé de couvrir la réparation. La cliente a payé 4 476,55 dollars de sa poche, envoyé une mise en demeure formelle, et essuyé un refus par courriel le 17 mars 2026. La demande d’action collective a été déposée deux mois plus tard par le cabinet Perrier Avocats.

Ce que la poursuite allègue

Le recours cible les modèles Tesla équipés d’une thermopompe vendus au Québec depuis six ans : les Model S, Model 3, Model X et Model Y à partir de 2020-2021, ainsi que le Cybertruck à partir de 2023. Selon les estimations, plus de 55 000 propriétaires québécois seraient potentiellement touchés.

La poursuite allègue un vice caché : une défaillance en temps froid qui rend la thermopompe incapable de chauffer l’habitacle ou, dans les cas plus graves, qui cause une panne subite des systèmes de chauffage et de dégivrage. Ce second scénario n’est pas qu’un problème de confort. Un pare-brise qui s’embue sans dégivrage fonctionnel, par températures négatives, représente un risque de sécurité concret. La visibilité réduite augmente les risques d’accident.

Les dommages réclamés pourraient atteindre 500 millions de dollars canadiens, avec des dommages punitifs de 1 000 dollars par membre pour envoyer, selon les termes des avocats, “un message clair aux distributeurs et aux fabricants automobiles : les propriétaires de véhicules ne devraient jamais craindre de manquer de chauffage en plein hiver sur des véhicules aussi récents.”

La quatrième action en quelques années

Ce contexte mérite d’être précisé. Deux actions collectives contre Tesla ont déjà été autorisées par la Cour supérieure du Québec, portant respectivement sur la peinture qui s’écaille sur les Model 3 et sur des frais inattendus de connectivité Premium. Une troisième a été déposée l’été dernier pour des bris prématurés de suspension et de direction sur les Model 3 et Model Y. Cette quatrième action, sur la thermopompe, est encore au stade de la demande d’autorisation : un juge devra décider si le recours peut être entendu au nom de l’ensemble des membres potentiels.

Tesla n’a pas commenté publiquement cette demande. La compagnie conteste habituellement les actions collectives et cette procédure pourrait prendre plusieurs années avant de trouver une résolution définitive.

Ce que ça signifie pour les propriétaires de VE au Québec

Ce recours est spécifique à Tesla et à ses thermopompes. Il ne concerne pas les véhicules électriques en général. D’autres constructeurs offrent des systèmes de gestion thermique différents, et les données de fiabilité varient significativement d’un modèle à l’autre. Ce serait une erreur de généraliser ce problème à toute la catégorie des VE.

Ce que cette histoire soulève de pertinent pour n’importe quel propriétaire de VE au Québec, c’est la question des droits en vertu de la Loi sur la protection du consommateur. L’article 37 prévoit que tout bien vendu par un commerçant doit avoir une durée de vie raisonnable et doit pouvoir servir à l’usage normal pour lequel il a été conçu. Un véhicule qui ne peut pas chauffer son habitacle en hiver québécois ne satisfait pas à l’usage normal attendu. Cette protection s’applique au-delà de la garantie contractuelle du fabricant, ce qui est précisément l’argument central de la poursuite.

La garantie d’un constructeur et la protection prévue par la loi provinciale sont deux choses distinctes. Les propriétaires qui font face à des défaillances répétées d’un même composant ont intérêt à documenter chaque incident, chaque réparation, chaque refus de couverture, et à connaître leurs recours légaux disponibles au Québec.

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