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Que devient une batterie de VE une fois retirée de votre véhicule? Le vrai cycle de vie, étape par étape

Plus de 440 000 véhicules entièrement électriques et hybrides rechargeables étaient immatriculés au Québec au 31 décembre 2025. À mesure que les premiers modèles vendus en grand nombre dans la province approchent de huit ans d’utilisation, les questions sur la fin de vie des batteries deviennent plus concrètes. Une batterie qui quitte un véhicule n’est pas automatiquement bonne pour la réutilisation, ni automatiquement destinée au recyclage : elle passe d’abord par une évaluation technique et de sécurité qui détermine laquelle des voies possibles elle empruntera.

Une garantie qui varie selon la marque

La plupart des constructeurs offrent une garantie de batterie haute tension de huit ans ou 160 000 kilomètres, mais les conditions, les exclusions et les seuils de capacité varient selon la marque et le modèle. Plusieurs garanties utilisent un seuil d’environ 70 pour cent de la capacité d’origine, sans que ce chiffre soit universel; certains contrats couvrent plutôt les défauts de fabrication ou les composants haute tension selon des critères propres au constructeur.

Les remplacements complets de batterie sous garantie semblent relativement rares : les données rapportées par CAA-Québec indiquent qu’une perte de capacité de 10 à 20 pour cent après huit ans peut être considérée comme normale, et que la majorité des batteries conservent une capacité utilisable bien après cette période. Il faut aussi distinguer un remplacement complet d’une réparation, du remplacement d’un seul module ou d’une intervention sur le système de gestion de la batterie.

Un diagnostic qui va au-delà du BMS

Une fois retirée, la batterie fait l’objet d’un diagnostic qui combine les données de son système de gestion interne (BMS) avec des essais de capacité, de résistance interne, d’équilibre entre les cellules, d’isolation électrique et d’intégrité physique du bloc. Ce diagnostic est déterminant : une batterie peut afficher une capacité résiduelle élevée tout en étant jugée impropre à une seconde vie à cause d’un dommage structurel, d’une infiltration d’eau ou d’un défaut d’isolation survenu lors d’un accident.

Certaines batteries destinées à une seconde vie stationnaire conservent encore une grande partie de leur capacité initiale, souvent autour de 70 à 80 pour cent, mais ce seuil n’est ni une règle réglementaire ni un seuil universel de retrait. La décision dépend aussi de la sécurité, de l’économie du projet et de la disponibilité de pièces compatibles.

La seconde vie, un usage stationnaire

Lorsque son état le permet, la batterie peut être intégrée à un système de stockage d’énergie stationnaire, où le poids et l’encombrement importent beaucoup moins que dans un véhicule. Ces systèmes alimentent des bâtiments, stabilisent des réseaux électriques ou servent d’alimentation de secours pour des infrastructures critiques.

Un exemple important au Canada est survenu en juin 2026, lorsque l’entreprise britanno-colombienne Moment Energy a inauguré à Vancouver sa Megafactory 1, présentée par l’entreprise comme la plus grande installation mondiale de réemploi de batteries de VE. Moment Energy affirme que l’installation pourrait atteindre une capacité de production de systèmes de stockage représentant jusqu’à un gigawattheure d’ici 2030.

Le recyclage, quand la réutilisation n’est plus viable

Lorsque la réutilisation ou la réparation n’est pas économiquement ou techniquement viable, la batterie est orientée vers une filière de recyclage spécialisée. Les taux de récupération varient fortement selon la chimie de la batterie, le procédé utilisé et la manière de calculer le rendement. Le gouvernement du Québec a déjà rapporté un potentiel de récupération allant jusqu’à 95 pour cent des composants pour le procédé développé par Lithion, notamment pour le lithium, le nickel et le cobalt, mais ce chiffre ne doit pas être généralisé à toutes les batteries ni à tous les procédés de recyclage.

La filière québécoise du recyclage a d’ailleurs connu des turbulences récentes. Lithion Technologies, pionnière du secteur avec son usine de Saint-Bruno-de-Montarville, s’est placée à l’abri de ses créanciers en octobre 2025. Ses actifs ont fait l’objet de transactions au printemps 2026. Selon les informations rapportées par La Presse et Le Devoir, une partie de ces actifs, dont des stations de démantèlement et des équipements de laboratoire, a été acquise par la jeune entreprise québécoise Voltrinov, qui se concentre pour l’instant sur les batteries de micromobilité et achemine les batteries démantelées vers un partenaire ontarien pour l’étape de broyage. D’autres actifs de Lithion, dont des batteries de marques comme Tesla, Hyundai, Kia et General Motors, ont été acquis par une entreprise américaine. Ces transactions montrent que la filière ne disparaît pas nécessairement, mais qu’elle traverse une importante phase de restructuration.

Un programme national dirigé par l’industrie, en dehors de la REP québécoise

Contrairement aux petites piles et batteries de consommation, soumises depuis 2022 à la responsabilité élargie des producteurs au Québec, les batteries de véhicules électriques sont exclues de ce régime réglementaire, selon RECYC-QUÉBEC. À la place, un programme de récupération dirigé par les constructeurs et géré par Appel à Recycler a été lancé au Québec en 2023, puis étendu à l’ensemble du Canada en 2025. Ce programme est volontaire dans sa gouvernance et son financement par l’industrie, mais la manutention des batteries haute tension demeure encadrée par des règles de sécurité, de transport et de gestion des matières dangereuses. Les batteries couvertes par une garantie, un rappel ou un programme propre au constructeur peuvent suivre une autre filière que ce programme général.

En résumé

Une batterie de VE retirée du véhicule peut être réparée, réutilisée, reconditionnée ou recyclée : elle ne suit pas une trajectoire unique, mais l’une de plusieurs voies possibles, déterminée par un diagnostic technique et de sécurité. Chez Roulez Électrique, cette réalité fait partie des questions que posent régulièrement les futurs propriétaires avant l’achat d’un véhicule ou d’une borne de recharge. Notre équipe peut vous aider à y voir clair, que ce soit sur la durée de vie réelle d’une batterie ou sur l’équipement à installer à la maison pour en prendre soin le plus longtemps possible.

Références

Garantie et durée de vie de la batterie

Parc automobile électrique au Québec

Seconde vie et stockage stationnaire

Recyclage et filière batterie au Québec

Encadrement réglementaire

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