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Polestar interdit aux États-Unis dès 2027 : la marque suédoise fait du Canada une priorité. Ce que ça change pour vous.

Le 25 juin dernier, Polestar a reçu une décision qui va transformer sa stratégie nord-américaine du tout au tout. Le Bureau of Industry and Security du département du Commerce américain a refusé à la marque suédoise l’autorisation de vendre des véhicules de modèle année 2027 aux États-Unis. La raison : une réglementation fédérale qui interdit la vente de véhicules connectés contenant des logiciels ou des composantes matérielles développés par des entreprises ayant des liens avec la Chine.

Polestar est détenue en majorité par le groupe Geely, dont le siège social est à Hangzhou. La règle s’applique. La réponse de la marque ne s’est pas fait attendre, et elle nomme explicitement le Canada.

La Connected Vehicle Rule : ce qu’elle est et ce qu’elle interdit

La Connected Vehicle Rule est une réglementation fédérale américaine adoptée dans un contexte de préoccupations croissantes autour de la sécurité nationale et de la protection des données dans les véhicules connectés. Le gouvernement américain estime que des entreprises liées à la Chine ou à la Russie pourraient, en vertu des lois de ces pays, être contraintes de partager des données de véhicules ou de permettre un accès à distance aux systèmes embarqués. La règle interdit donc la vente, à partir du modèle année 2027, de tout véhicule contenant des logiciels ou du matériel développés par ces entreprises.

Polestar, malgré le fait que ses modèles soient conçus en Suède et que le Polestar 3 soit assemblé en Caroline du Sud, n’a pas obtenu l’exemption demandée. Ce qui rend la décision particulièrement difficile à comprendre, c’est que la Volvo EX90 partage exactement la même architecture, les mêmes logiciels et la même usine que le Polestar 3, et que Volvo, elle, a obtenu l’autorisation. Les deux marques appartiennent pourtant à Geely. Polestar n’a pas reçu d’explication publique sur cette différence de traitement.

Ce qui s’arrête aux États-Unis

À partir du modèle année 2027, Polestar ne pourra plus vendre de nouveaux véhicules aux États-Unis. Les stocks actuels de Polestar 3 et de Polestar 4 continueront d’être écoulés pendant qu’il en reste, et le service après-vente sera maintenu pour les propriétaires existants, probablement via le réseau de concessionnaires Volvo. La nouvelle génération de la Polestar 2, prévue pour 2027, et le Polestar 7, un VUS compact destiné à concurrencer directement les véhicules les plus vendus du segment, ne seront jamais commercialisés aux États-Unis, à moins d’un revirement réglementaire.

Pour mettre les choses en perspective : les États-Unis représentaient seulement 6 % des ventes mondiales de Polestar, et 94 % des livraisons du premier trimestre 2026 provenaient de marchés extérieurs à ce pays. Ce n’est pas une catastrophe pour la marque sur le plan financier immédiat. C’est en revanche un signal clair qui force une réorientation stratégique.

Le Canada explicitement nommé comme marché prioritaire

La déclaration du PDG de Polestar, Michael Lohscheller, publiée en réponse à la décision américaine, est directe : “L’industrie automobile entre dans une nouvelle phase, basée sur des dynamiques régionales. Notre stratégie le reflète, avec l’Europe comme principal moteur de croissance. Nous allons continuer à investir dans les marchés où nous avons des occasions de continuer à croître, comme l’Asie du Sud-Est, l’Europe de l’Est, l’Amérique latine et le Canada.”

Le Canada est nommément cité comme l’un des marchés sur lesquels Polestar entend concentrer des ressources supplémentaires. Ce n’est pas une formule de politesse. Quand une marque perd son plus grand marché de la zone Amérique du Nord, elle cherche à compenser ailleurs, et le Canada, avec le Québec en tête, représente l’écosystème de VE le plus développé du continent après la Californie.

Ce que ça signifie concrètement pour les acheteurs québécois

Trois points importants pour quiconque considère un Polestar au Québec en 2026 ou 2027.

Premier point : les livraisons canadiennes ne sont pas affectées. La décision du département du Commerce américain ne s’applique qu’aux États-Unis. Les Polestar actuels et à venir continueront d’être disponibles chez les détaillants canadiens de la marque, dont le studio montréalais.

Deuxième point : l’admissibilité aux incitatifs. Le Polestar 3 est assemblé en Caroline du Sud et le Polestar 4 en Corée du Sud, deux pays avec lesquels le Canada a des accords de libre-échange. Ces modèles sont donc admissibles au programme PAVÉ fédéral, qui offre jusqu’à 5 000 dollars sur les véhicules dont la valeur finale de transaction est de 50 000 dollars ou moins. La valeur de transaction des Polestar actuels dépasse généralement ce seuil, mais il vaut la peine de vérifier la configuration exacte avec un conseiller avant d’acheter. L’incitatif provincial Écorecharge de 2 000 dollars s’applique également sous réserve que le modèle figure sur la liste officielle du gouvernement du Québec. Les deux programmes se terminent le 31 décembre 2026.

Troisième point : l’avenir de la gamme au Canada. Les nouveaux modèles attendus, le Polestar 7 et la nouvelle Polestar 2, seront fabriqués en Europe selon les déclarations actuelles du PDG. Une fabrication européenne maintient en principe l’admissibilité au PAVÉ via l’Accord de continuité commerciale Canada-Royaume-Uni ou, selon le pays de fabrication précis, d’autres accords bilatéraux. Ces détails devront être confirmés au moment du lancement de chaque modèle.

Une règle qui pourrait toucher beaucoup plus de marques d’ici 2030

La Connected Vehicle Rule ne s’arrête pas à Polestar. Son champ d’application est prévu pour s’élargir aux composantes matérielles dès 2030, pas seulement aux logiciels. Or, une proportion considérable des véhicules vendus en Amérique du Nord utilisent des systèmes électroniques embarqués développés ou fabriqués en Chine. Volvo, qui a obtenu l’autorisation cette fois-ci, devra elle aussi naviguer cette expansion réglementaire dans quelques années. Et elle n’est pas seule : Toyota, Honda, Volkswagen et d’autres constructeurs utilisent des fournisseurs de composantes électroniques dont certains ont des liens avec la Chine. La décision de cette semaine sur Polestar pourrait être le début d’une recomposition plus large du paysage automobile nord-américain.

Pour l’acheteur québécois qui envisage un VE avant la fin de 2026, le contexte est favorable. Les programmes d’incitatifs sont actifs, la gamme disponible est plus large que jamais, et une marque comme Polestar qui redéploie ses ambitions vers le Canada est une bonne nouvelle pour la compétitivité du marché local. Une borne de niveau 2 sur du 240 volts installée aujourd’hui est compatible avec tous les modèles Polestar disponibles, et elle le sera avec ceux qui viendront. Roulez Électrique accompagne les propriétaires dans cette installation, avec des électriciens certifiés RBQ et des modèles admissibles au programme Écorecharge.

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