Un tiers de plus. C’est l’ampleur de la hausse de la demande d’électricité qu’Hydro-Québec anticipe d’ici 2041 : environ 60 térawattheures (TWh) de plus, pour atteindre 240 TWh (calcul de l’auteur : 240 moins 60 donne 180, et 60 sur 180 fait environ 33 pour cent). Un TWh, c’est un milliard de kilowattheures. Autant dire que ça se compte en grand.
La nouvelle est tombée le 3 novembre 2026, avec le Plan d’approvisionnement 2027-2041, déposé à la Régie de l’énergie, et le Portrait des ressources énergétiques qui l’accompagne. Et selon le plan, le premier moteur de cette croissance, c’est l’électrification des transports, c’est-à-dire nos autos, nos camions et nos autobus. Voyons ce qui est établi, ce qui est prévu, et ce que je ne peux pas confirmer.
Les chiffres du plan
Selon le communiqué d’Hydro-Québec, la demande atteindrait 240 TWh en 2041, soit environ 60 TWh de plus qu’aujourd’hui. Précision utile : selon les faits saillants du plan, il s’agit de la demande de la clientèle, sans les pertes de transport et de distribution. La puissance de pointe en hiver, elle, grimperait d’environ 12 000 mégawatts (MW) pour atteindre 52 000 MW. La Presse canadienne rapporte que l’entreprise juge cette croissance attendue extrêmement élevée.
Pour se faire une idée de l’échelle, prenons une voiture électrique qui roule 20 000 km par an à 18 kWh aux 100 km : elle consomme 3 600 kWh. Les 31 TWh que le plan attribue aux transports (j’y reviens plus bas) équivaudraient à environ 8,6 millions de voitures comme celle-là (calcul de l’auteur). C’est une image pour mesurer l’ordre de grandeur, puisque ces 31 TWh incluent aussi les camions, les autobus et le transport collectif.
Qui tire la demande?
Dans les faits saillants du plan, la croissance se répartit en trois blocs, et les transports arrivent en tête : environ 31 TWh et 4 700 MW de puissance additionnelle, soit à peu près la moitié des 60 TWh (calcul de l’auteur : environ 52 pour cent). Ce bloc couvre les véhicules légers et lourds, les autobus et le transport collectif.
L’industrie suit avec environ 22 TWh et 6 600 MW. Elle regroupe la décarbonation des procédés, la croissance industrielle, les centres de données, les serres et la filière des batteries. Les bâtiments ferment la marche avec environ 5 TWh et 1 000 MW.
La Presse canadienne cite les mêmes grandes tendances : l’électrification des transports, les centres de données et la conversion des bâtiments qui se chauffent aujourd’hui aux combustibles fossiles.
Autrement dit, les transports ne sont pas le seul moteur de la hausse, mais selon le plan, ils en sont le plus gros bloc.
Le casse-tête de 2029
La croissance ne vient pas seule. Certains approvisionnements existants arrivent à échéance, ce qui creuse un écart entre les besoins et les ressources disponibles. Cet écart devra être comblé par de nouveaux approvisionnements dès 2029. La Presse canadienne parle de déficits d’énergie possibles à partir de cette date. Cela ne veut pas dire une pénurie automatique : le document parle de besoins résiduels à combler, par exemple par des importations ou d’autres solutions, sans préciser les volumes ni les sources. La Presse canadienne ajoute qu’Hydro-Québec n’exclut pas d’importer de l’électricité d’autres provinces ou des États-Unis.
Un détail qui compte : Hydro-Québec évoque une faible hydraulicité prolongée depuis 2023, qui l’oblige déjà à gérer ses réservoirs avec prudence. Son scénario, lui, suppose des conditions normales.
La réponse d’Hydro-Québec
Le plan s’appuie sur trois axes. D’abord, préserver l’existant : prolonger ou renouveler les contrats éoliens, de cogénération à la biomasse et de petites centrales hydrauliques qui arrivent à échéance.
Ensuite, mieux consommer. Hydro-Québec vise 21 TWh d’économies et une réduction de la demande de 3 500 MW d’ici 2035, avec 10 milliards de dollars d’investissements prévus. Elle dit avoir déjà atteint 20 pour cent de la cible de 21 TWh.
Enfin, produire plus. Les cibles d’ajouts de capacité atteignent environ 24 000 MW d’ici 2041 : environ 11 000 MW d’éolien, 9 000 MW d’hydroélectricité, 2 750 MW de solaire, 500 MW de stockage par batteries et 350 MW de thermique de pointe. S’y ajoutent la modernisation de la centrale de Bécancour et une entente-cadre avec Newfoundland and Labrador Hydro. Notez le mot « cibles » : ce sont des objectifs, pas des chantiers déjà bouclés.
Quant au nucléaire, Hydro-Québec ne l’inclut pas dans son plan à court terme, mais garde l’option ouverte à long terme, selon La Presse canadienne.
Et les véhicules électriques dans tout ça?
Au 31 mars 2025, on comptait 387 101 véhicules branchables immatriculés au Québec, dont 275 191 entièrement électriques, selon des données de la SAAQ compilées par l’Association des véhicules électriques du Québec et rapportées par Le Soleil. Je n’ai pas trouvé de chiffre plus récent dans des sources vérifiables.
Un autre élément à garder en tête : le 11 juin 2026, le gouvernement du Québec a abaissé sa cible de véhicules zéro émission à 80 pour cent en 2035, au lieu de 100 pour cent. Cette cible s’inscrit dans une norme à crédits : les véhicules entièrement électriques et les hybrides rechargeables à meilleure autonomie rapportent le plus de crédits, et les hybrides non rechargeables en obtiennent temporairement. Les cibles intermédiaires baissent aussi, par exemple 26 pour cent en 2026 et 51 pour cent en 2030. Le gouvernement invoque la hausse du prix de l’essence et les difficultés de l’industrie automobile. Les véhicules neufs à essence ne sont pas automatiquement interdits : ils resteront en vente après 2035.
Les prévisions d’Hydro-Québec tiennent-elles compte de cette nouvelle cible? Je ne peux pas confirmer ça. Mais la direction reste claire : même plus graduelle, la transition vers l’électrique continue.
Recharger au bon moment
Le plan chiffre aussi la pointe hivernale, ce qui montre que l’heure de la demande compte autant que la quantité. C’est là que la recharge à domicile entre en jeu.
En septembre 2026, Hydro-Québec a sondé des électromobilistes sur une récompense hypothétique de 50 $ par année pour recharger leur véhicule entre 23 h et 4 h. Il s’agit d’un sondage, pas d’un programme en place : le montant et la plage horaire servent seulement à mesurer l’intérêt des clients, a précisé son porte-parole, Louis-Olivier Batty. Le projet du Lab Hydro vise à éviter les pointes d’hiver du matin (6 h à 9 h) et de fin de journée (16 h à 20 h). Quant au tarif Flex D, il existe déjà et vise à réduire la consommation en période de pointe, mais il s’applique à l’ensemble de la consommation résidentielle admissible, pas seulement à la recharge.
Ce qu’il faut retenir
Trois choses. D’abord, il s’agit d’un plan, donc de prévisions, déposé auprès de la Régie de l’énergie. Ensuite, l’électrification des transports est le plus gros bloc de la hausse selon le plan, mais elle partage la scène avec l’industrie, centres de données compris, et les bâtiments. Enfin, l’heure à laquelle on recharge deviendra un sujet de plus en plus concret pour les conducteurs d’ici.
C’est justement là que la recharge à la maison, bien pensée, a de l’avenir. Roulez Électrique propose des solutions de recharge pour que rouler à l’électrique reste simple, aujourd’hui comme dans les années à venir.
Références
Plan d’approvisionnement 2027-2041 et communiqué d’Hydro-Québec
- Hydro-Québec, 3 novembre 2026 : Croissance des besoins énergétiques au Québec, Hydro-Québec présente son Portrait des ressources énergétiques.
https://nouvelles.hydroquebec.com/nouvelles/communiques/tout-quebec/croissance-besoins-energetiques-quebec-hydro-quebec-presente-portrait-ressources-energetiques.html
- Hydro-Québec : Portrait des ressources énergétiques, faits saillants du Plan d’approvisionnement 2027-2041.
https://www.hydroquebec.com/data/achats-electricite-quebec/pdf/portrait-des-ressources-energetiques-hydro-quebec-faits-saillants-plan-approvisionnement-2027-2041.pdf
- Hydro-Québec : Plan d’approvisionnement en électricité.
https://www.hydroquebec.com/electricity-purchases-quebec/supply-plan.html
Couverture médiatique
- La Presse canadienne, 3 novembre 2026 : Hydro-Québec releases supply plan for 2027-2041.
https://www.cp24.com/news/canada/2026/11/03/hydro-quebec-could-be-forced-to-rely-on-us-and-other-provinces-according-to-supply-plan/
Véhicules électriques au Québec
- Le Soleil, 20 juin 2025 : Tout près des 400 000 véhicules électriques au Québec.
https://www.lesoleil.com/consommation/auto/2025/06/20/tout-pres-des-400-000-vehicules-electriques-au-quebec-7LBE33PVJJASDAZWEDRFVYLEPE/
- Gouvernement du Québec, 11 juin 2026 : Norme sur les véhicules électriques, Québec adopte une approche équilibrée et pragmatique.
https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/norme-sur-les-vehicules-electriques-quebec-adopte-une-approche-equilibree-et-pragmatique-71040
Recharge hors pointe
- Roulez Électrique, 24 septembre 2026 : Hydro-Québec songe à offrir 50 $ par année pour la recharge nocturne, mais ce n’est encore qu’un sondage.
https://roulezelectrique.com/hydro-quebec-songe-a-offrir-50-par-annee-pour-la-recharge-nocturne-mais-ce-nest-encore-quun-sondage/








