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Doug Ford (encore lui) demande au Québec d’abandonner ses cibles VE

Le premier ministre de l’Ontario Doug Ford a choisi un moment intéressant pour s’en prendre aux véhicules électriques : pile au moment où l’essence frôle des records à cause de la crise en Iran. Dans des lettres envoyées ce 18 mars 2026 à ses homologues du Québec et de la Colombie-Britannique, il leur demande d’abandonner leurs cibles de ventes de VE, qu’il juge nuisibles à la compétitivité canadienne.

100 000 emplois et beaucoup de timing

Ford invoque les 100 000 emplois du secteur automobile ontarien pour justifier sa demande. Selon lui, alors que l’administration Trump démantèle les politiques d’électrification aux États-Unis, maintenir des mandats provinciaux crée un environnement « fragmenté » qui pousse les investissements hors du pays.

En conférence de presse, le premier ministre a tenu à préciser qu’il était « all about the environment » (très soucieux de l’environnement), avant d’expliquer que ces règles ne cadrent pas avec l’approche « Équipe Canada » face aux tarifs américains. On notera l’élégance de la formule.

Un Québec qui a déjà bougé

La lettre arrive alors que le Québec a déjà fait un pas en arrière en septembre 2025. Le ministre de l’Environnement Bernard Drainville avait alors ramené l’objectif de 100 % à 90 % de véhicules électriques ou hybrides rechargeables d’ici 2035, levant du même coup l’interdiction totale de vendre des véhicules à essence neufs.

La Colombie-Britannique a pour sa part abandonné son mandat, tout en promettant une nouvelle législation cette année. Ford estime que ces deux provinces devraient aller « plus loin » — c’est-à-dire abandonner toute cible.

Pendant ce temps, à la pompe

Le timing de cette sortie ne manque pas de sel. Depuis le début de la crise en Iran fin février, le pétrole oscille autour de 100 $ le baril et les prix à la pompe grimpent chaque semaine. Aux États-Unis, les recherches en ligne pour des véhicules électriques ont bondi de 20 % selon Edmunds — les automobilistes semblent soudainement très intéressés par des véhicules qui ne dépendent pas du détroit d’Ormuz.

Au Québec, les conducteurs de VE observent cette flambée avec un certain détachement. L’hydroélectricité québécoise, parmi les moins chères et les plus propres du continent, offre une stabilité que le marché pétrolier mondial ne peut tout simplement pas garantir. Recharger à la maison coûte toujours une fraction d’un plein d’essence, peu importe ce qui se passe au Moyen-Orient.

Deux visions, deux réalités

L’Ontario et le Québec n’ont pas les mêmes cartes en main. L’Ontario héberge une industrie automobile traditionnelle importante ; le Québec dispose d’une électricité abondante et propre. Ces réalités différentes expliquent en partie des positions divergentes sur l’électrification.

Ce qui est certain, c’est que les automobilistes québécois qui font le saut vers l’électrique peuvent encore profiter d’incitatifs intéressants : jusqu’à 5 000 $ du programme fédéral EVAP et 2 000 $ du programme Roulez vert pour les véhicules admissibles. Roulez Électrique accompagne ceux qui souhaitent explorer leurs options, que ce soit pour l’achat d’un véhicule ou l’installation de bornes de recharge.

Quant à savoir si Québec répondra à la lettre de Doug Ford… on imagine que Bernard Drainville prendra le temps d’y réfléchir. Peut-être en rechargeant sa voiture.

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