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27 % de toutes les voitures vendues dans le monde en 2026 seront électriques. Voici le bilan de mi-année.

Le 16 juin dernier, BloombergNEF publiait son rapport annuel de référence, l’Electric Vehicle Outlook 2026, avec une projection qui mérite qu’on s’y attarde : plus du quart des voitures vendues dans le monde cette année, soit 27 %, seront électriques. C’était il y a un peu plus d’un mois et demi.

Depuis, les chiffres réels de juin sont tombés, et une synthèse de mi-année publiée début août par l’ASPIRE Research Center permet de voir si la trajectoire annoncée se confirme dans les faits. La réponse est oui, mais avec des écarts régionaux qui se creusent plus que jamais.

Le portrait mondial : plus de 23 millions de VE cette année

Selon BloombergNEF, plus de 23 millions de véhicules électriques, incluant les modèles entièrement électriques et les hybrides rechargeables, devraient trouver preneur dans le monde en 2026, une hausse de 11 % par rapport à 2025. Les chiffres réels du mois de juin confirment cette trajectoire : 2 millions de VE vendus mondialement en un seul mois, portant le cumul depuis janvier à 9,6 millions d’unités, soit une progression de 7 % sur un an.

La Chine reste, et de loin, le moteur principal de cette croissance. Les véhicules électriques y représentent maintenant près des deux tiers, soit 64 %, de toutes les ventes de voitures neuves dans le pays. BloombergNEF projette que la Chine continuera de représenter plus de la moitié du marché mondial des VE d’ici 2030.

L’Europe, la vraie histoire du deuxième trimestre

Si un marché mérite le titre de vedette de cette année, c’est l’Europe. Les immatriculations de juin y ont bondi de 31 % par rapport à l’an dernier, et de 28 % par rapport à mai, complétant un premier semestre où les ventes régionales ont progressé de 27 % comparativement à la même période en 2025.

La France, le Danemark, l’Espagne et le Portugal ont tous enregistré leurs meilleures ventes mensuelles de VE jamais observées en juin. Trois facteurs combinés expliquent cette poussée : des normes d’émissions de CO2 européennes resserrées, des programmes d’incitatifs gouvernementaux actifs, et des prix de carburant élevés liés au conflit au Moyen-Orient, qui ont accéléré la conversion des acheteurs vers l’électrique plus rapidement que la plupart des prévisionnistes ne l’anticipaient.

Les États-Unis : une révision à la baisse, deux années de suite

Le contraste avec le marché américain est frappant, et BloombergNEF ne mâche pas ses mots à ce sujet. C’est la deuxième année consécutive que l’entreprise réduit ses prévisions d’adoption des VE, tant à court qu’à long terme, pour les États-Unis. La raison principale, selon les chercheurs de BNEF eux-mêmes : le retrait complet du soutien réglementaire fédéral à l’électrification des transports aux États-Unis.

L’ampleur de cette révision est notable. Une analyse plus détaillée publiée par Yahoo Finance montre que la projection de part de marché américaine pour les véhicules rechargeables en 2030 est passée de 48 % dans les prévisions précédentes à seulement 17 % dans la version actuelle, une chute vertigineuse en l’espace d’une seule mise à jour annuelle. Pour l’année en cours, BloombergNEF s’attend à ce que les véhicules rechargeables ne représentent que 8,4 % des ventes américaines en 2026, et le marché ne devrait pas retrouver son niveau de 2025 avant 2028.

Ce que ça signifie pour le prix des batteries et des véhicules

Un point positif ressort malgré ce contexte plus mitigé aux États-Unis : BloombergNEF continue de prévoir une baisse du coût des batteries lithium-ion et une multiplication des modèles électriques abordables, deux tendances qui soutiennent la demande à long terme, indépendamment des politiques d’un seul pays. Le rapport souligne aussi que dans plusieurs grands marchés européens, dont l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, les véhicules électriques restent environ 17 % plus chers que leurs équivalents à essence, ce qui demeure l’obstacle le plus significatif à une adoption encore plus rapide.

Ce que ce contraste mondial dit du contexte canadien

Le Canada n’échappe pas à cette dynamique de divergence régionale. Alors que l’Amérique du Nord dans son ensemble affiche un recul d’environ 20 % de ses ventes de VE depuis le début de l’année, largement attribuable au retrait des incitatifs fédéraux américains, le marché canadien suit une trajectoire distincte de celle de son voisin du Sud, portée par le retour du programme fédéral PAVÉ et par le maintien du programme provincial Roulez vert au Québec.

C’est précisément ce type de stabilité réglementaire, celle-là même que BloombergNEF identifie comme le facteur déterminant du succès européen et de la déroute américaine, qui explique pourquoi le marché québécois continue de progresser pendant que son voisin recule. Pour l’acheteur d’ici, ce bilan de mi-année confirme une chose simple : la fenêtre actuelle, avec des incitatifs cumulables allant jusqu’à 7 000 dollars entre le fédéral et le provincial, ainsi que l’aide à l’installation d’une borne résidentielle via Écorecharge, reste l’une des plus favorables observées à l’échelle mondiale cette année.

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