EnvironnementVéhicules Électriques

Nos chroniqueurs automobiles ont-ils peur pour rien ?

Avez-vous déjà remarqué que la plupart de nos chroniqueurs automobiles n’osent jamais dire que les voitures à essence sont plus nocives pour l’environnement que les voitures électriques ?

C’est comme s’ils avaient conclu une entente secrète avec le lobby du pétrole ! Où qu’ils avaient des actions chez Shell, Exxon ou BP ! (Rires !)

Je blague, mais n’empêche, quand je les écoute comparer les électriques aux thermiques, je remarque qu’ils discutent de recharge, d’autonomie, mais jamais d’environnement ou de GES. C’est comme s’ils avaient décrété une omerta à ce sujet.

Pourtant, la révolution actuelle dans l’industrie automobile n’est pas qu’une simple nouveauté technologique. Toute cette aventure tourne autour du fait que la combustion du pétrole est néfaste pour la planète et la qualité de l’air de nos villes.

Nous le savons depuis longtemps, mais nous n’avions pas d’alternative. Puis, en 2010, deux voitures ont tout changé : la Nissan Leaf avec ses 130 km d’autonomie et la Tesla Roadster avec ses 300 km d’autonomie.

C’est ça qui a tout déclenché ! Et pas parce que c’était à l’avantage des constructeurs ou des gouvernements ou de qui que ce soit, mais parce que ça permettrait de rouler plus propre.

Voilà ce qui a amené tous les constructeurs à concevoir des VÉ dans la décennie qui a suivi et voilà pourquoi de nombreux pays se sont mis à offrir des subventions pour l’achat de véhicules électriques. 

Pas par fantaisie, ni par opportunisme, ni pour écoeurer le peuple, mais simplement parce que ces véhicules étaient moins nocifs pour l’environnement. Sauf qu’on dirait que c’est un sujet tabou chez nos chroniqueurs automobiles.

Comment expliquer ça ? Nos chroniqueurs sont-ils tous climatosceptiques comme Donald Trump ? J’en doute. Au Québec, moins de 10 % de la population adhère à ces fantaisies. Il serait étonnant que 60 % de nos chroniqueurs le soient.

Ma théorie
Je crois que nos chroniqueurs ont simplement peur de froisser leur public. Car, la réalité, c’est que lorsque vient le temps de changer de voiture au Québec, c’est toujours une minorité qui choisit l’électrique ou l’hybride rechargeable (entre 20 et 30 %). Ce qui veut dire que la majorité privilégie toujours l’essence. Et quand on a décidé de ne pas opter tout de suite pour l’électrique, on ne veut surtout pas se faire faire la morale, et encore moins par les chroniqueurs automobiles qu’on aime.

Personnellement, je comprends tout à fait la situation. Moi-même, si j’étais toujours à l’essence (et convaincu que c’est plus simple de même et pas nécessairement meilleur pour l’environnement), ces histoires de voitures électriques me taperaient sur les nerfs.

Et je comprends nos chroniqueurs de ne pas vouloir déplaire à tous ces gens qui les suivent. Mais cela étant dit, ne pourraient-ils pas, à l’occasion, en glisser un mot ? Surtout lorsque l’occasion s’y prête…

Voici deux exemples où il était de mise selon moi de rappeler au public que la voiture électrique est un meilleur choix pour l’environnement et où, malheureusement, ça n’a pas été fait.

De gauche à droite, l’animateur Louis-Philippe Dubé en compagnie d’Antoine Joubert et de Gabriel Gélinas.

Premier exemple
Le 28 mars dernier, à l’émission le Guide de l’Auto à TVA, on présente un débat sur la voiture électrique avec Antoine Joubert et Gabriel Gélinas. Je me dis : « bon, nos deux anciens amoureux des thermiques vont enfin nous dire honnêtement ce qu’ils pensent de la voiture électrique ! J’espère qu’ils auront la décence d’avouer que c’est tout de même un « plusse » pour l’environnement ».

Eh bien, croyez-le ou non, ils n’ont même pas abordé le sujet ! Ils ont parlé des subventions qui nuisent au marché « naturel » des voitures. Ils ont parlé des avantages et des désavantages pour les consommateurs, mais sans jamais parler d’environnement. J’ai été très déçu. Avouez que c’est bizarre de faire un débat sur la voiture électrique sans jamais aborder l’aspect environnemental !

Et, comme d’habitude, ils ont lancé des trucs plus ou moins discutables, comme le fait que sur 100 000 km, il n’y a pas vraiment d’économie à faire avec l’électrique à cause du coût des assurances et des pneus qui s’usent plus vite. Hum… ont-ils des preuves pour étayer ça ?

Moi, en tous cas, je roule en Bolt EUV depuis 5 ans et je ne paie pas plus cher d’assurances. Les pneus ? Je possède toujours les mêmes pneus après 80 000 km. Et je compte bien dépasser les 100 000 km. Quant à l’entretien, je n’ai jamais possédé une voiture qui m’a coûté si peur chère de toute ma vie. Mais bon…

Louis-Philippe Dubé.

Enfin, le seul qui a fait référence à la pollution et aux GES dans cette émission a été l’animateur Louis-Philippe Dubé. Il a dit pour conclure l’émission : « …vouloir des voitures plus petites et moins énergivores, ça atteint les buts ultimes du pourquoi nous avons introduit la technologie des véhicules électriques, soit de réduire nos GES. »  Félicitations Louis-Philippe !

(Cliquez ici lien pour visionner l’émission. Durée : 30 minutes).

Deuxième exemple
J’ai également eu l’impression qu’on a bêtement passé sous silence le côté bénéfique pour l’environnement des VÉ en lisant un article de Benoit Charette l’autre jour sur le Nissan Rogue « e-Power » qui sera lancé à la fin de l’année.

Voiture Nissan avec système e-Power de Nissan.

Vous connaissez cette technologie ? Populaire au Japon, un véhicule muni du système e-Power se conduit exactement comme une voiture électrique, sauf qu’elle possède une toute petite batterie de 2 kWh. Pour que ça marche, il faut donc que cette petite batterie soit constamment alimentée par une génératrice à essence.

Benoit Charrette.

Dans son article, Benoit Charette nous explique avec enthousiasme que cette technologie est parfaite pour ceux qui souhaitent « rouler dans une électrique… mais sans les contraintes de la recharge. »

Il écrit : « À la conduite, on retrouve cette sensation de couple immédiat, cette douceur et ce silence typiques des VÉ, mais sans dépendre d’une borne de recharge. »

Ouais… ce qu’il ne dit pas, c’est que ce véhicule consomme autant qu’une Corolla à essence ! Et que si on la compare au Rogue standard, on diminue sa consommation de seulement 1,5 litre aux 100 km.*

Pour ceux qui n’ont pas accès à une borne de recharge, c’est correct, mais, entre vous et moi, quelqu’un qui possède une entrée de garage et qui peut se faire installer une borne de recharge chez lui serait idiot de passer au Rogue e-Power, non ? (Et là je ressors ma fameuse phrase que personne n’ose dire…)

…considérant que les voitures à essence sont plus nocives
pour l’environnement que les voitures électriques ?

Comprenons-nous bien, je ne dis pas que Benoit Charette devrait expliquer en long et en large dans son article en quoi le 100 % électrique et l’hybride rechargeable sont mieux pour l’environnement que le e-Power, mais il pourrait au moins le mentionner une fois dans son article, non ?

Lisez son texte, vous allez voir, pas un mot là-dessus (lien).

Conclusion
Bien entendu, il ne faut pas mettre tous les chroniqueurs dans le même panier. Des journalistes comme Samuel Lessard et Samuel Tremblay-Michaud de RPM, Alain McKenna d’Auto123 ou Paul-Robert Raymond du Soleil, osent parler d’enjeux environnementaux.

Quant à M. Joubert, il est important de souligner qu’il s’est lui-même acheté une voiture électrique récemment, une Fiat 500e.

Même Éric LeFrançois que je lis toutes les semaines dans La Presse (et réputé très attaché aux voitures à essence) commence à soulever des enjeux environnementaux. 

Regardez la réponse qu’il a donnée récemment dans la section L’automobile en questions. (Lisez les deux mots que j’ai soulignés en jaune.)

Capture d’écran : La Presse.

Je sais que ce n’est pas grand-chose. Mais moi qui lis tous ses articles depuis l’arrivée de la Leaf en 2011, je peux vous dire que c’est une grosse avancée, un tournant même ! (Je n’avais jamais vu ça avant.)

Bref, ça avance et je suis convaincu que cette omerta va tranquillement disparaitre. En attendant, force est de constater que certains ne font pas de gros efforts pour mettre de l’avant la supériorité des VÉ au point de vue environnemental. Je rappelle que de nombreux Québécois et Québécoises se fient encore et toujours aux conseils de nos chroniqueurs automobiles pour choisir leur prochaine voiture. Ces derniers ont donc une grosse responsabilité sur leurs épaules.

* Consommation :
– Rogue à essence 7,6 L/100 km
– Rogue Hybride (e-Power) 6,1 L/100 km
– Rogue PHEV Hybride rechargeable 3,7 Le/100 km
Et 0,0 L/100 km si on choisit l’Ariya ou la Leaf !

Image en couverture
Merci à ESMA (École supérieure des métiers artistiques) Montpellier.

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