Chronique de Richard LemelinVoitures électriques

GES : On avance à reculons

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) a (discrètement) dévoilé par communiqué de presse, le 21 décembre dernier, le plus récent « Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre (GES) », pour l’année 2018.

Quelques points saillants du rapport :

  • En 2018, les émissions totales de GES au Québec se chiffraient à 80,6 Mt éq. CO2. Cela représentait 9,6 t par habitant
  • De 1990 à 2018, les émissions de GES au Québec ont diminué de 6,0 %
  • Le secteur qui produisait le plus d’émissions de GES au Québec, en 2018, était celui des transports (routier, aérien, maritime, ferroviaire et hors route), qui générait 36,1 Mt éq. CO2, soit 44,8 % des émissions. À lui seul, le transport routier représentait 79,6 % des émissions du secteur des transports, soit 35,6 % des émissions totales de GES
  • En 2018, le dioxyde de carbone (CO2) constituait 79,2 % de l’ensemble des émissions québécoises de GES. La production de méthane (CH4) s’établissait à 11,5 %, celle de l’oxyde nitreux (N2O), à 5,3 %, celle des hydrofluorocarbures (HFC), à 3,1 %, et celle des perfluorocarbures (PFC), à 0,7 %. Les autres GES, soit l’hexafluorure de soufre (SF6) et le trifluorure d’azote (NF3), totalisaient 0,1 % des émissions totales

Le graphique suivant illustre la répartition des émissions de GES pour l’année 2018 au Québec :

Avec près de 45% de toutes les émissions de GES, ce secteur est, encore une fois, le champion des émissions au Québec.

Le graphique suivante illustre l’évolution par secteur, comparant les années 1990 et 2018 :

Non seulement le secteur des transports domine au niveau des émissions de GES, mais il est pratiquement le seul qui est en progression (entre 1990 et 2018) avec une variation de +9 Mt, comme l’illustre le graphique suivant :

Entre 1990 et 2018, les émissions de GES produites par le secteur des transports ont connu une hausse de 33,3 %. Pendant cette période, elles ont augmenté de façon quasi constante, avec de légères baisses, jusqu’en 2011, avant de suivre une tendance à la baisse jusqu’en 2014 (voir la ligne bleu pâle dans figure suivante). Elles sont en hausse depuis :

À noter que l’échelle des GES en méga-tonnes (Mt) n’est pas linéaire, il y a une brisure d’échelle au milieu.

En effectuant une ventilation des données du secteur des transports, le sous-secteur du transport routier domine avec près de 80% des émissions de GES du secteur des transports, tel qu’illustré dans le graphique suivant :

Engagements du Québec et PEV

Avec l’annonce du Plan pour une Économie Verte 2030 (PEV) en novembre dernier, le gouvernement du Québec a réaffirmé ses engagements précédents sur la réduction des GES :

« Avec le PEV 2030, le gouvernement jette les bases d’une relance économique verte et réitère l’engagement du Québec de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 1990 »

28 années se sont écoulées entre 1990 et 2018. Avec les données de l’inventaire des émissions de GES de 2018, nous pouvons établir que la réduction des GES n’est que de 6.0% pour ces 28 années (85,71 Mt en 1990 et 80,61 Mt en 2018, donc une réduction de 5,1 Mt). Avec uniquement 12 années à faire avant la date butoir de 2030, il faut passer de -6% à -37,5%, soit une réduction de 27 Mt supplémentaires . Le défi est de taille. Avec un PEV qui est passé au couperet, faute de financement du fédéral, ce plan prévoit des mesures de réduction de GES pour uniquement 12 Mt, ce qui nous donne un écart de 15 Mt de GES pour atteindre les engagements qu’a pris le Québec.

Sans financement supplémentaire, sans une révision de la loi VZE, sans mesure incitatives de type bonus-malus, on va continuer d’avancer à reculons.

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