S’il y a un constructeur automobile avec lequel mes sentiments ont sans cesse connu des hauts et des bas durant ma vie, c’est bien Chevrolet. De vraies montagnes russes ! Et ça ne date pas d’hier. Ç’a commencé dans les années 70, ça s’est poursuivi dans les années 90 et ça continué de plus belle avec les voitures électriques.


Mais au début, il n’y avait que de l’amour. C’est que durant toute ma jeunesse, mon père n’achetait que des Chevrolet : Corvair, Bel-Air, Camaro. Et moi, bien sûr, j’aimais les voitures de mon père !
D’autant plus que lorsque j’ai eu mon permis à 17 ans, il m’a permis de conduire sa Camaro. Aille ! Ça marque un jeune à jamais ça ! Encore aujourd’hui, quand j’écoute la chanson Band On The run, je pense à cette voiture et à sa rudimentaire radio AM qui crachait ce hit en 1974.


Sauf que dès l’année suivante, dans la famille, on a décidé de se débarrasser de la veille Camaro et de la remplacer par une Honda Civic. Je vous jure que ça n’a pas été long que je me suis mis à préférer cette dernière ! Non seulement je la trouvais plus « dans l’air du temps », mais en plus, elle brûlait trois fois moins d’essence !
J’ai cessé net d’aimer Chevrolet pour devenir un fan de voitures japonaises. Pire encore, j’ai commencé à me moquer de Chevrolet qui était incapable de construire des voitures comme ma Civic. Et plutôt mourir que de rouler en Chevette ou en Cavalier !

Toutefois, une décennie plus tard, Chevrolet a fini par proposer des modèles amusants avec la petite Metro et l’utilitaire de poche Tracker. (Oui, il y avait du Suzuki derrière, mais au moins ces voitures étaient disponibles !)
Ainsi, dans les années 90, j’ai eu envie d’encourager Chevrolet que j’avais tant aimé dans ma jeunesse et je me suis acheté un Tracker 4X4.

J’adorais l’idée que ce véhicule soit construit au Canada par une compagnie de chez nous et sa fiabilité a été sans reproche, sauf qu’il était inconfortable dû à son châssis en échelle. J’ai fini par le haïr, le revendre, et revenir à mes marques préférées : Honda et Toyota.
Amour-haine, vous disais-je…

La période électrique
Une quinzaine d’années s’écoulent et voilà qu’à nouveau Chevrolet attire mon attention et fait battre mon coeur avec l’arrivée des électriques. La Chevrolet Volt tout d’abord et la Spark EV ensuite. Je trouve cette dernière vraiment craquante. En 2017, j’ai besoin d’une nouvelle voiture secondaire, j’achète une Spark EV en provenance de Californie chez Lussier Chevrolet.

Les mois passent. La voiture se révèle super fiable et incroyablement amusante à conduire (un peu comme ma première Civic). À nouveau je retombe en amour avec Chevrolet. Mon père avait raison, côté rapport qualité/prix, y’a rien comme Chevrolet !
Sauf que Chevrolet me choque en même temps. C’est qu’en m’intéressant aux voitures électriques, je découvre que GM a fait disparaitre prématurément sa toute première voiture électrique, l’EV1. Pire, je découvre que ma Spark que je viens d’acheter et que j’adore n’existe déjà plus ! Sa fabrication a été stoppée !
Bon, d’accord, un an plus tard, on a lancé la Bolt, mais elle est beaucoup plus chère. Pourquoi Chevrolet n’a pas continué à fabriquer la Spark quelques années de plus (la production n’a duré que trois ans) afin d’offrir un modèle électrique à bas prix ? Et pourquoi a-t-on cessé de fabriquer l’excellente Chevrolet Volt en 2019 qui possédait déjà, à cette époque, 85 km en mode tout électrique ? Ça m’enrage !
Chevrolet, je t’aime et je te déteste…
Bolt EUV en 2021
Fini les folies ? Oh que non ! Ça se poursuit de plus belle… J’achète ma deuxième voiture électrique, une Bolt EUV. J’en suis entièrement satisfait, j’ai envie de la promouvoir dans mes chroniques, donner envie aux gens de l’acheter, mais, coup de théâtre, on stoppe la production à cause d’un problème de batterie.
Je prends mon mal en patience, j’attends que la production reprenne. À l’été 2022, j’ai enfin l’impression que les Bolt EV et EUV vont vivre leurs heures de gloire. Eh bien non, j’apprends qu’on va cesser de les fabriquer dès l’année prochaine. Ma Bolt EUV n’aura été fabriquée que durant deux ans.
Avouez que c’est vraiment une vraie folie ces histoires de toujours cesser prématurément la fabrication de toutes ces Chevrolet électriques !

Future Bolt 2017
Et aujourd’hui, où en sommes-nous ? Nous savons tous que la Bolt revient sur le marché (on parle d’une Bolt EUV modernisée). Mais avez-vous lu la nouvelle ? Cette voiture n’est même pas encore arrivée (elle arrive dans deux semaines) que Chevrolet nous apprend qu’elle sera vendue que durant 18 mois !
La raison ? C’est que la Bolt (fabriquée à l’usine Fairfax au Kansas) sera remplacée par la Buick Envision à essence. Pourquoi ? C’est une question de rentabilité. La Buick est plus populaire aux États-Unis et comme elle est actuellement fabriquée en Chine, elle est soumise aux tarifs de Trump. Il faut donc rapatrier la production et on a choisi l’usine de Fairfax. Déjà, on prépare les lieux, réduisant ainsi l’espace consacré à la fabrication de la Bolt.
Misère de misère ! Et la présidente Mary Barra qui ne cesse de répéter sur toutes les tribunes que l’avenir de sa compagnie est électrique…

Me voilà à nouveau à haïr Chevrolet. C’est d’ailleurs ce nouveau rebondissement qui m’a inspiré cette chronique. Vais-je rester longtemps en froid avec Chevrolet ? Eh bien, ça va dépendre. Si la production va bon train durant les prochains 18 mois et que l’offre répond à la demande, je vais sans doute passer l’éponge encore une fois. D’autant plus qu’un nouveau modèle de même taille sortira fin 2028.
Mais si, durant les 18 mois qui s’en viennent, les acheteurs ne réussissent pas à se procurer de Bolt, faute de modèles disponibles, eh bien moi je cesse pour de bon d’aimer Chevrolet et je jette mon dévolu sur d’autres marques automobiles. Chevrolet l’aura bien mérité…










