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BYD arrive au Canada avec 20 concessionnaires en un an. Voici ce que ça veut dire pour vous.

Le plus grand fabricant de véhicules électriques au monde n’a jamais vendu une seule voiture au Canada. Ça ne durera plus très longtemps. BYD, l’entreprise de Shenzhen qui a vendu 2,26 millions de véhicules 100 % électriques en 2025, soit plus que Tesla, est en train de constituer son réseau de concessionnaires canadiens. Montréal figure explicitement dans le plan de déploiement, et le Québec est identifié comme l’un des deux marchés de lancement prioritaires au pays.

20 concessionnaires, 4 grandes villes, 1 an

BYD a mandaté Dealer Solutions Mergers & Acquisitions, un cabinet-conseil en commerce automobile basé à Markham en Ontario, pour identifier des emplacements de concessionnaires à travers le pays. Son PDG, Farid Ahmad, a confirmé au Globe and Mail que BYD vise environ 20 établissements au cours de sa première année d’opération canadienne.

La séquence de déploiement est la suivante : Toronto en premier, avec trois emplacements déjà en discussion dans la région du Grand Toronto. Ensuite Vancouver, Montréal et Calgary, pour couvrir les quatre plus grandes métropoles du pays. Ce sont les quatre marchés qui concentrent 75 % des ventes de VE au Canada.

Le choix de Toronto comme point d’entrée peut surprendre vu que le Québec et la Colombie-Britannique dominent largement l’adoption des VE au Canada. Le Québec représentait à lui seul 49,3 % de tout le volume canadien de véhicules zéro émission au troisième trimestre 2025. Toronto offre cependant la plus grande concentration de partenaires potentiels pour un réseau de concessionnaires. La logique est commerciale avant d’être géographique.

Quels modèles pour le marché canadien?

BYD n’a pas encore annoncé officiellement sa gamme canadienne ni ses prix. Les données disponibles proviennent des marchés comparables, principalement l’Australie, dont la structure tarifaire est proche du nouveau régime canadien, et le Royaume-Uni pour les modèles haut de gamme.

Quatre modèles sont identifiés par les analystes comme les candidats les plus probables pour le lancement canadien. L’Atto 3 est le VUS compact de BYD, le modèle le plus vendu de la marque hors de Chine, avec une autonomie réelle d’environ 350 kilomètres. Les estimations de prix pour le Canada tournent autour de 36 000 à 42 000 dollars canadiens. Le Dolphin est une citadine compacte dont le prix d’entrée serait aux alentours de 32 000 à 35 000 dollars. Le Seal est une berline sport qui cible directement le segment du Tesla Model 3, avec une version double moteur de plus de 520 chevaux et un prix estimé entre 42 000 et 65 000 dollars. La Seagull enfin, la citadine la moins chère de BYD, pourrait arriver à moins de 25 000 dollars si elle satisfait aux normes canadiennes de sécurité passive, ce qui en ferait le véhicule neuf le moins cher au pays, électrique ou à essence.

Ces estimations sont basées sur les prix australiens convertis au taux de change actuel. BYD n’a confirmé aucun prix ni aucun modèle pour le Canada à ce stade.

Ce que les acheteurs québécois doivent savoir sur les subventions

C’est le point le plus important pour quiconque songe à attendre l’arrivée de BYD pour acheter son premier VE. Les véhicules fabriqués en Chine ne sont pas admissibles au programme fédéral PAVÉ, qui offre jusqu’à 5 000 dollars, parce que ce programme exige que le véhicule soit fabriqué au Canada ou dans un pays avec lequel le Canada a un accord de libre-échange. La Chine ne remplit pas cette condition.

La subvention provinciale québécoise de 2 000 dollars, elle, s’applique toujours aux VE admissibles, quelle que soit leur origine. Un BYD Seal estimé à 44 990 dollars pourrait donc revenir à 42 990 dollars après la subvention provinciale, sans le bénéfice des 5 000 dollars fédéraux que les acheteurs d’un Hyundai IONIQ 5 ou d’un Chevrolet Equinox EV peuvent toujours obtenir.

Il y a une deuxième variable importante : les subventions provinciales et fédérales actuelles se terminent le 31 décembre 2026. Les acheteurs qui attendent l’arrivée de BYD, prévue au mieux pour la fin 2026, risquent de manquer la fenêtre des incitatifs sur les modèles admissibles disponibles aujourd’hui.

BYD envisage même de fabriquer au Canada

L’ambition de BYD ne s’arrête pas à la vente. Stella Li, vice-présidente exécutive, a indiqué à Bloomberg que l’entreprise serait ouverte à construire une usine de fabrication au Canada, à condition d’en avoir la propriété et le contrôle complets. Cette déclaration n’est pas un engagement ferme, mais elle s’inscrit dans une stratégie plus large : un véhicule BYD fabriqué au Canada deviendrait automatiquement admissible au PAVÉ fédéral, effaçant le principal désavantage compétitif de la marque par rapport aux modèles coréens et américains. Ce serait un changement de donne majeur pour le marché canadien.

Ce que ça change pour le marché québécois dès aujourd’hui

L’arrivée annoncée de BYD exerce déjà une pression sur les prix du marché, même avant qu’une seule voiture ne soit livrée à un client québécois. Tesla a divisé le prix du Model 3 par deux en changeant d’usine. D’autres constructeurs recalculent leur positionnement. La dynamique du marché est en train de changer.

Pour les acheteurs québécois qui n’ont pas envie d’attendre, les modèles disponibles maintenant, admissibles au PAVÉ et à Écorecharge, représentent une combinaison d’avantages financiers difficile à reproduire une fois les programmes fermés en décembre 2026. La borne de niveau 2 sur du 240 volts installée aujourd’hui sera compatible avec un BYD, une Tesla, un Hyundai ou n’importe quel autre VE qui arrivera dans les prochaines années. Ce qui change chez les constructeurs ne change rien dans votre garage.

Références

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