Eh bien non, je ne suis pas mort ! Et ce, même si je n’ai rien publié depuis novembre dernier. C’est qu’après avoir écrit quelque 600 articles promouvant la voiture électrique, une certaine fatigue s’est installée. C’est tout ? Non, des événements récents m’ont cassé, dont un en particulier qui a été comme la goutte qui a fait déborder le vase…

Vous savez que j’écris ces chroniques depuis le printemps 2018 ? J’ai commencé un an après avoir acquis ma toute première voiture électrique, un VÉ de trois ans en provenance de Californie.
C’est Sylvain Juteau (le patron de Roulez Électrique), qui est venu me chercher. Je venais de fermer ma compagnie, j’entamais ma retraite à 60 ans. On s’était entendu pour six chroniques par mois. C’est fou, mais j’étais tellement excité par ma nouvelle voiture et par tout ce qui se passait dans le monde des VÉ que j’en écrivais souvent une ou deux de plus. J’avais tant de choses à dire !
Sept ans plus tard, ai-je un peu l’impression d’avoir fait le tour ? Oui, peut-être un peu, mais ce qui m’a fait arrêter, c’est lorsque j’ai appris que Ford abandonnait la fabrication du F-150 Lightning. Quand j’ai appris ça, ça m’a complètement jeté par terre. La raison ? C’est que pour moi ce véhicule est le symbole ultime de la transition énergétique en Amérique du Nord.
Comprenez-moi, quand j’ai commencé à écrire pour Roulez Électrique, deux seules voitures à prix raisonnables pouvaient parcourir 400 km, la Bolt EV et la Tesla Model 3. À cette époque, j’ai écrit je ne sais combien de fois que le jour où il allait être possible de fabriquer des véhicules plus gros avec tout autant d’autonomie, le point de bascule arriverait.
Ainsi, quand sont arrivés les VUS intermédiaires et les premiers pick-up électriques en 2022, j’ai levé les bras au ciel. L’arrivée de ces véhicules et tout particulièrement le F-150 Lightning allait enfin permettre aux ventes de décoller.

On venait donc de franchir la dernière frontière. Oui, il était cher, mais je me disais qu’à force d’en produire, les prix allaient baisser. Pour moi, la victoire de l’électrique était désormais à portée de main.
Or, vous comprenez bien qu’apprendre en novembre dernier que Ford allait cesser la production du F-150 Lightning, faute de clients, m’a scié les jambes en deux. Finalement, ce ne sont pas les compagnies des voitures qui ralentissent l’arrivée de voitures moins polluantes, ce sont les acheteurs eux-mêmes !
Oui, d’accord, Trump y est aussi pour quelque chose, mais il n’y a pas que lui.
Cet arrêt du Lightning, je ne l’avale pas. Comment expliquer que dans un pays de plus de 340 millions d’habitants et qui vend 2,9 millions de pick-up par année, on n’a jamais réussi à vendre plus de 30 000 Lightning par année entre 2022 et 2025 ? Et même avec une subvention de 7 500 $ US ! Y’a plein de retraités full de cash dans ce pays, non ? Je n’en reviens pas à quel point le peuple américain est conservateur et insensible à l’environnement.

Bref, avec tout de qui se passe avec Trump depuis un an, plus cette incroyable nouvelle, l’idée de promouvoir la transition énergétique au Québec ne me semble plus aussi urgente et importante qu’avant. On va y arriver un jour, j’en reste convaincu, mais j’ai comme moins envie de m’impliquer.
Ce qui m’a motivé durant sept ans, c’était de travailler à une cause qui allait, j’en étais sûr, rallier tout le monde en Amérique du Nord en une décennie. Visiblement, ça ne semble pas être le cas, même après l’arrivée de gros modèles tout à fait aboutis, tels l’Equinox EV, le Kia EV9 ou le Ford F-150 Lightning.
Tout cela me donne, vous l’aurez compris, envie de vivre ma retraite à temps plein et de profiter des dernières belles années qui me restent. Vous savez que j’approche les 70 ans ? Eh oui, bientôt septuagénaire !
Suis-je amer ? Non, quand même. J’ai toujours été optimiste et je continue de l’être. Les VÉ vont finir par s’imposer, j’en suis sûr. Est-ce possible que je recommence mes chroniques comme avant ? Je ne crois pas, malheureusement. Par contre, j’aimerais bien écrire de temps à autre, comme le fait notre ami Daniel Breton sur ce site. Une chronique à l’occasion. Une par mois peut-être ? Oui, ça, ça me tente.
À bientôt alors !









