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Camions électriques au Québec : la rentabilité devance la réglementation, pour l’instant

Contrairement aux voitures particulières, aucune loi n’oblige encore les fabricants de camions à vendre un pourcentage déterminé de modèles électriques au Québec. Un texte de l’industrie du transport publié le 10 août 2026 note qu’ailleurs aussi, plusieurs juridictions assouplissent leurs exigences environnementales pour les poids lourds, ce qui pousse les gestionnaires de flottes à fonder leurs décisions sur la rentabilité et la faisabilité opérationnelle plutôt que sur une obligation légale. Au Québec, cette description correspond d’assez près à la réalité actuelle, pour une raison précise : la norme véhicules zéro émission (VZE) pour les véhicules lourds n’existe tout simplement pas encore.

Une norme encore en chantier

La norme VZE québécoise encadre déjà les véhicules légers, avec un resserrement progressif des exigences jusqu’à l’objectif gouvernemental de rendre électriques tous les véhicules légers neufs en 2035. Ce cadre faisait toutefois l’objet d’une révision en 2026, et les paramètres définitifs doivent encore être confirmés une fois les modifications réglementaires adoptées.

Les véhicules lourds, eux, ne sont pas encore soumis à une norme VZE. La Loi modifiant diverses dispositions en matière d’environnement, sanctionnée le 28 mai 2025, a ouvert la porte à une future norme VZE pour les véhicules lourds, mais le règlement qui l’encadrerait est toujours en développement, selon le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.

Une consultation publique sur des modifications au cadre réglementaire de la norme VZE s’est terminée le 23 juillet 2026, après une période débutée le 23 juin. Le ministère doit maintenant analyser les commentaires reçus. Les paramètres définitifs d’une éventuelle norme VZE propre aux véhicules lourds ne sont pas encore arrêtés publiquement.

À ce jour, aucune obligation québécoise de vente n’impose donc aux constructeurs un pourcentage déterminé de camions zéro émission. Les entreprises qui électrifient leur flotte le font principalement en fonction de leurs coûts, de leurs opérations et des incitatifs disponibles.

Ce que montrent les données québécoises

Le projet Flotte rechargeable de l’Institut du véhicule innovant (IVI), basé sur des données géomatiques réelles recueillies auprès de 60 camions appartenant à 20 entreprises de transport québécoises et cumulant plus de 800 000 kilomètres, a permis d’identifier les profils les plus propices à l’électrification immédiate : le transport de marchandises sèches, des trajets quotidiens d’au plus 200 kilomètres, une conduite limitée sur autoroute et un retour à la base chaque nuit ou une opération pendulaire permettant la recharge entre les quarts.

Selon les résultats rapportés par l’IVI, le surcoût moyen d’un camion lourd électrique et d’une borne appropriée se situait autour de 75 000 dollars après les subventions analysées. Les périodes de retour sur investissement observées variaient de 2,5 à 7 ans selon les cas. Ces résultats dépendent notamment du kilométrage, de la consommation, des coûts d’énergie, de l’entretien, du financement, de la recharge et du montant réel des aides disponibles au moment de l’achat.

Chez les entreprises participantes où l’électrification s’est révélée la plus rentable, les bénéfices cumulés ont atteint jusqu’à 194 000 dollars sur dix ans. Ce chiffre représente les meilleurs résultats observés dans l’étude et ne doit pas être interprété comme une moyenne représentative de l’ensemble des cas.

Le programme Écocamionnage de retour

Le programme provincial Écocamionnage, qui soutient financièrement l’achat de véhicules lourds électriques, a été suspendu le 6 septembre 2024 après l’épuisement de son enveloppe budgétaire. Il a repris le 2 décembre 2025 avec une enveloppe de 145,4 millions de dollars pour la période 2025-2028 et une structure d’aide répartie en trois volets, davantage orientée vers les véhicules moyens et lourds. Les aides québécoises peuvent notamment s’additionner au programme fédéral iVMLZE, sous réserve des règles d’admissibilité de chaque programme.

Ce qui s’en vient

Selon les informations publiques disponibles, le projet de norme VZE pour les véhicules lourds viserait les constructeurs qui vendent en moyenne plus de 50 véhicules automobiles lourds neufs par année et prévoirait un mécanisme de crédits échangeables inspiré de celui déjà en place pour les véhicules légers. Ces éléments pourraient toutefois encore être modifiés avant l’adoption d’un règlement final, et aucun échéancier officiel d’entrée en vigueur n’a été confirmé.

En résumé

Pour l’instant, les entreprises de transport québécoises qui électrifient leur flotte le font sur la base de calculs économiques concrets, pas parce qu’une loi les y oblige. Cette fenêtre pourrait se refermer une fois qu’une norme VZE pour les véhicules lourds sera adoptée, mais aucune date n’est encore confirmée.

Chez Roulez Électrique, nous suivons de près l’évolution de ce dossier et pouvons conseiller les entreprises qui envisagent d’électrifier une partie de leur parc, notamment sur le choix des bornes de recharge adaptées à un usage commercial.

Références

Réglementation québécoise

Données et étude de cas québécoise

Programme Écocamionnage

Tendance industrielle

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