On dit souvent que certaines passions naissent d’un coup de foudre. Dans mon cas, c’est tout à fait littéral.
Un baptême sous haute tension
Lors de mon tout premier vrai emploi comme commis d’un proshop de golf, j’ai fait la rencontre — un peu trop intime — avec l’énergie électrique. Ma tâche du jour semblait anodine : brancher un cart de golf électrique à son chargeur. Sauf que ce jour-là, l’électricité a décidé de se présenter personnellement. En saisissant une partie métallique du cart et la poignée de transport du chargeur, un courant m’a traversé le corps et m’a littéralement figé sur place. Plus moyen de lâcher prise. Le genre de moment où le temps s’arrête — mais pas le courant.
Fort heureusement, un collègue à proximité a eu la présence d’esprit de débrancher le chargeur plutôt que de me toucher. Sans son intervention rapide, je serais peut-être encore agrippé à ce cart, quelque part entre ce monde et le suivant. J’ai eu plus de peur que de mal, mais cette décharge m’a laissé quelque chose d’inattendu : une fascination indélébile pour tout ce qui roule à l’électricité.
De l’hybride au tout-électrique : mes années Ford
Ma transition vers la route électrifiée s’est faite progressivement, au volant de véhicules Ford. D’abord avec un Ford Escape hybride, qui m’a initié au tandem essence-électricité avec quelques petits défis de fiabilité. Puis, le grand saut : une Ford Focus électrique, cette compacte 100% branchée offrant environ 185 km d’autonomie, qui m’a permis de goûter au silence de la conduite zéro émission au quotidien, mais aussi de ses limites en hiver. Et enfin, la Ford Mustang Mach-E AWD, qui m’a convaincu que l’électrique pouvait aussi procurer des sensations fortes.
L’idée folle : une moto électrique évolutive
Mais c’est sur deux roues que ma passion a vraiment pris son envol. J’ai caressé un projet ambitieux — certains diraient saugrenu — de concevoir une moto électrique évolutive. Le concept ? Permettre au propriétaire de modifier la configuration de la motorisation et d’autres paramètres en fonction de l’évolution de ses compétences de conducteur. Un débutant aurait pu progressivement débloquer de la puissance à mesure que son expérience grandissait.
L’idée était séduisante sur papier. La réalité de l’homologation, elle, l’était beaucoup moins. Les exigences réglementaires pour autoriser un véhicule à circuler sur nos routes canadiennes, les coûts associés aux certifications et les contraintes techniques m’ont rapidement fait déchanter. Le rêve a été rangé au garage, mais pas la flamme.
Eve moto : l’aventure du concessionnaire
C’est en fouillant la concurrence dans le domaine des deux-roues électriques que j’ai repéré un revendeur de Super Soco à Vancouver. Ces petites motos au look café-racer rétro, équipées de moteurs Bosch et de batteries Panasonic, représentaient une belle porte d’entrée vers la mobilité électrique sur deux roues. J’y ai vu une opportunité : développer un réseau de concessionnaires dans l’Est du Canada. C’est ainsi qu’est née Eve moto, ma compagnie dédiée à la vente de motos et scooters électriques au Québec.
J’ai pu mettre à l’essai plusieurs modèles au fil de cette aventure :
- Super Soco TC : un équivalent 50 cc, classé comme véhicule à vitesse limitée au Canada.
- Super Soco TC Max : la grande sœur équivalent 125 cc, plus puissante.
- Kollter (Tinbot) : une moto électrique allemande à double usage route/hors-route, qui correspondait à mon désir d’évasion hors-route.
Malgré leurs qualités, l’autonomie de ces machines ne convenait tout simplement pas à mes déplacements dans la grande région de Québec, où les distances entre les villages s’accumulent rapidement.
La Zero SR : enfin la liberté
C’est finalement au guidon d’une Zero SR 14.4 2018 d’occasion que j’ai trouvé chaussure à mon pied — ou plutôt, botte à ma pédale. Ce naked bike électrique offre des accélérations à couper le souffle. Sa batterie de 14,4 kWh me permet de couvrir mes trajets quotidiens entre Lac-Sergent et Québec sans anxiété d’autonomie, tout en gardant de la réserve pour les balades sur routes sinueuses.
Et surtout, je retrouve enfin les sensations d’une « vraie » moto — l’agilité, le couple instantané, la connexion avec la route — le bruit et l’odeur d’essence en moins. Rouler en silence dans les courbes de la Jacques-Cartier au petit matin ou sur la 367 en direction de lac-aux-Sables, c’est une expérience quasi méditative que seule l’électrique peut offrir.
La suite sur Roulez électrique
Au fil de mes prochaines publications sur Roulez électrique, je vous proposerai des contenus principalement axés sur les véhicules à deux roues électriques — essais, comparatifs, trucs et conseils pour rouler branché au Québec. Mais je me permettrai aussi quelques incursions du côté des innovations en mobilité électrique au sens large, parce que la révolution ne se limite pas au nombre de roues.
Alors, on se voit bientôt sur la route?









