La crise du Moyen-Orient comme accélérateur
Le rapport de l’AIE contient un constat qui mérite d’être souligné : la hausse des prix du pétrole consécutive au conflit au Moyen-Orient a augmenté de 35 % les économies annuelles de carburant associées à la conduite d’un VE dans l’Union européenne, par rapport aux économies calculées en 2025. Dit autrement : plus le pétrole est cher, plus l’avantage économique du VE s’accentue automatiquement, sans aucune mesure supplémentaire.
Les données préliminaires d’avril 2026 confirment que cet effet se traduit en actes d’achat. En Australie, la hausse des prix de l’essence de 34 % depuis le début du conflit a coïncidé avec une hausse de 180 % des ventes de VE. En Nouvelle-Zélande, une hausse de 31 % à la pompe a accompagné une hausse de 195 % des ventes électriques. La corrélation n’est pas parfaite, d’autres facteurs jouent, mais la direction est claire et documentée.
L’AIE note cependant deux bémols importants. D’abord, si des gouvernements choisissent de réduire les taxes sur l’essence pour amortir le choc pour les consommateurs, l’incitatif à passer à l’électrique diminue d’autant. C’est précisément ce qu’Ottawa a annoncé en avril 2026 avec la réduction de 10 cents le litre de la taxe fédérale sur l’essence, une mesure de court terme qui joue contre la logique de long terme. Ensuite, si la crise devait provoquer un ralentissement économique significatif, les ménages pourraient reporter leurs décisions d’achat de véhicules, électriques en tête, parce que leur prix d’achat reste plus élevé que les équivalents à essence dans la plupart des marchés, malgré la convergence en cours.